Organisation

La Grande Traversée des Balkans relie plusieurs randonnées existantes (Via Dinarica, Peaks of The Balkans, High Scardus Trail, Pindus Trail), et emprunte des chemins utilisés par les locaux ou les animaux (surtout pour traverser l’intérieur de l’Albanie où il n’y a pas de sentiers de randonnée). L’itinéraire compte au total 2113 km pour 110 km de dénivelé positif.

La Via Dinarica comporte peu de balisage (sauf en Bosnie) et a une fréquentation encore faible. Certains sentiers sont à l’abandon en Croatie, et il faut se frayer un chemin dans la végétation. Pour éviter ces portions, j’ai emprunté deux courtes pistes (la trace gps en tient compte), mais la portion entre Palanka et Mokro Polj n’a pas de plan B, et j’ai mis 3h à progresser dans la végétation.

Le Peaks of The Balkans est la seule randonnée des Balkans plutôt courue, elle est donc très bien tracée. Mais je n’en ai suivi qu’une portion, qui m’a permis de connecter la Via Dinarica et le High Scardus Trail.

Le High Scardus Trail est bien balisé sur certaines portions, et très peu sur d’autres. Le sentier disparaît parfois, et la progression peut être lente, mais contrairement à la Via Dinarica il n’y a pas de passage difficile dans la végétation. Cet itinéraire est tout récent (2019), et est quasiment désert.

La traversée de l’Albanie intérieure emprunte toujours des sentiers ou des pistes : soit d’animaux, soit de locaux pour se déplacer entre les villages (il n’y aucun sentier de randonnée).

Le Pindus Trail emprunte de nombreux sentiers historiques abandonnés depuis des décennies : ces chemins sont en train d’être débroussaillés et balisés par l’association Terra Pindus. Le traçage n’est pas fini, mais la randonnée se fait bien avec quelques plan B sur des pistes et parfois un peu de végétation. A part quelques bergers (et une fois des grimpeurs), je n’ai croisé absolument personne en chemin.


  • La trace GPS : GTB-Grande-Traversee-des-Balkans.gpx
    Il s’agit des traces GPS récupérées sur les sites officiels des différentes randonnées, corrigées des erreurs repérées, et complétées par des tracés réalisées moi-même à la main. J’y ai indiqué les ravitaillements, les points d’eau utiles (pour la Croatie notamment) et quelques autres trucs.
  • Ravitaillements : Des épiceries ou supermarchés sont accessibles régulièrement (les waypoints sont dans la trace GPS). Trois portions sont néanmoins assez longues entre deux ravitaillements :
    – Via Dinarica : 230km entre Fužine et Gračac. A Baške Oštarije on trouve une bonne fromagerie et un restaurant, et on peut manger à la Kucha Allan.
    – Via Dinarica : 190km entre Kalinovik et Zabljak. A Mratinje on peut acheter des sandwichs à une guesthouse, et à Nedajno il y a un bar/restaurant.
    – Pindus Trail : 220km entre Metsovo et Karpenissi. Il y a néanmoins plusieurs restaurants dans les villages en chemin.

Un champ de mines

  • Les mines en Bosnie : La Bosnie compte toujours de très nombreuses mines (estimées à 175 000 !) datant de la guerre de Yougoslavie, et il y a encore quelques morts chaque année (3 en 2021). Heureusement les zones minées sont maintenant délimitées grâce un projet financé par l’UE : il existe des cartes (https://www.euforbih.org/index.php/micc) et une application (https://play.google.com/store/apps/details?id=com.minesuspectedareas&hl=fr&gl=US).
    J’ai utilisé les cartes pour repérer à l’avance les zones concernées, et l’application pour être vigilant sur place. En restant sur le chemin à ces endroits, il n’y a pas de danger. J’ai surtout évité de bivouaquer dans ces zones, ou d’y improviser des variantes hors-sentier !

Un puits en montagne

  • L’eau (Slovénie et Croatie) : La gestion de l’eau est une grosse difficulté en Slovénie et en Croatie. La randonnée parcourt des massifs karstiques, si bien que l’eau s’infiltre directement dans le sol. En plein été, il n’y a AUCUNE rivière ni source en surface (hormis bas en altitude). Il ne faut pas non plus se fier les yeux fermés aux sources indiquées sur certains blogs : beaucoup ne coulent pas en plein été. Attention, c’est un vrai problème à gérer ! En 2020 une randonneuse qui n’avait pas pris assez d’eau est décédée par déshydratation dans le sud de la Croatie.
    Sur la trace GPS j’ai indiqué les endroits où récupérer de l’eau de façon certaine (je n’ai pas indiqué les habitations, mais il faut se méfier des hameaux : beaucoup sont totalement abandonnés). Certains puits sont souillés et il faut traiter l’eau (j’ai indiqué ces puits par « bad water » dans la trace GPS).Pour récupérer de l’eau, il y a plusieurs possibilités :

    1. Les sources souterraines : près d’habitations ou de refuges, des puits ont été aménagés pour y récupérer l’eau d’une source souterraine.
    2. L’eau de pluie : les toits des refuges sont souvent conçus pour récupérer l’eau de pluie et alimenter un réservoir ou un puits artificiel.
    3. Sinon il faut demander aux habitants et utiliser l’eau des bars.

  • Quand partir ? En plein été, les journées chaudes peuvent parfois être très difficiles. Et plus on descend vers le sud, plus il faut éviter le cœur de l’été. En Grèce en particulier l’été est souvent caniculaire, alors que le printemps permet d’avoir encore de nombreuses sources et rivières salvatrices.
  • Dans quel sens ? Pour réaliser cette randonnée en une seule fois, il me semble que le meilleur sens est d’aller du sud vers le nord, pour commencer en Grèce au printemps et être plus au nord en plein été. En découpant la randonnée en plusieurs fois, je préfère néanmoins aller vers le sud, pour finir par le splendide Pindus Trail et l’arrivée magique sur le golfe de Corinthe.

Moyennes mensuelles à Oltari (1054m) en Croatie

Moyennes mensuelles à Metsovo (1045m) en Grèce


  • Profil topographique